« Ce qui ne tue pas rend plus fort » : euuuuuh… vraiment ?

« Ce qui ne tue pas rend plus fort » : voilà une phrase que l’on entend souvent.

Certes, elle est vraie et pleine de sagesse… mais seulement au premier abord !

Car elle peut aussi être complètement culpabilisante et inappropriée pour une personne qui essaie de se reconstruire après une dure épreuve…

Comment peut-on imaginer dire cela à un couple qui a perdu un enfant ? à une personne qui s’est longuement battue contre un cancer ? à une autre ayant été humiliée toute sa vie, ou victime de violences ?

Effectivement, ces personnes sont encore là, bien vivantes. Mais le fait de survivre à un traumatisme les a-t-elles pour autant rendues plus fortes ? Pas forcément…

Alors, est-ce que ce qui ne tue pas rend vraiment plus fort ?

Oui… à condition de l’avoir « digéré » émotionnellement.

Nous portons tous des blessures d’abandon, de rejet, de trahison, d’humiliation, d’injustice. Avant d’en faire de véritables forces (car c’est possible, oui !), bien souvent ces blessures nous fragilisent, créent des blocages émotionnels, engendrent un gros mal-être. Et que dire de la confiance en soi dans ces moments-là ?! N’en parlons même pas !

Non, ce qui ne tue pas ne rend pas plus fort en un claquement de doigt. Il faut d’abord effectuer un gros et solide travail sur soi. Et ça… tout le monde n’est pas forcément prêt à se lancer dans cette belle mais périlleuse aventure.

C’est d’ailleurs NORMAL, car travailler sur soi, c’est aller réveiller les fantômes du passé, c’est difficile par moments. Alors surtout, il ne faut rien brusquer et ne pas juger quelqu’un qui ne se sent pas prêt : chacun son rythme, chacun son histoire.

Par conséquent, il est parfaitement inutile et inapproprié de balancer cette jolie phrase : « ce qui ne tue pas rend plus fort ». Parce que ce n’est pas vrai, nous pouvons survivre à des choses qui continuent cependant à nous tuer à petit feu, de l’intérieur, et qui nous rendent de plus en plus fragiles.

En revanche, cette phrase prend tout son sens lorsque le passé est bien « digéré » : oui, nos cicatrices nous renforcent, nous ont appris des choses, et nous pouvons alors les accepter car elles font entièrement partie de notre Histoire.

Travailler ses blessures, c’est écouter les messages qui se cachent derrière, comprendre pourquoi l’énergie bloque à ce niveau-là… et affronter ses peurs, pour mieux se réparer.

Mais heureusement, c’est un mal pour un bien qui est récompensé : c’est long, c’est douloureux, mais la légèreté et la liberté qui vous attendent après les gros nuages noirs n’ont pas de prix ! 🙂

ce qui ne tue pas rend plus fort

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